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Pour une Union Méditerranéenne
Site du Cosmopolitisme méridional
"Tolérance et métissage"
Un contexte qui fait suite au non des Pays-Bas et de la France sur la « Constitution Européenne »
L’Irlande le vendredi 13 juin 2008, a clairement dit non à 53,4% au traité de Lisbonne, même si les raisons du refus sont mélangées comme pour le non français : entre un non social, un non conservateur. Les électeurs irlandais en majorité (ceux du non) ont brandi l’argument qu’ils étaient les seuls à pouvoir s’exprimer au non de toute la population des pays membres, il n’y a en effet pas de mode unifié des traités le même jour, notamment, il n’y a pas l’existence d’une ratification populaire (l’Allemagne interdit les référendums car cet outil a été dévoyé lors de l’époque nazie).
La peur de toucher à la fiscalité a joué , les Irlandais sont fiers de leur développement basé sur des réductions fiscales, même si la croissance a trouvé un rythme plus lent puisque la phase de rattrapage avec l’Europe de l’ouest est désormais atteinte, après la forte croissance de 1994 à 2004, et le début du ralentissement du secteur du bâtiment.
L’Irlande ne faisant pas partie de l’OTAN, est donc neutre, pour certains Irlandais, le pays pouvait être inclus dans le processus de la construction européenne.
Ainsi pour un certain nombre d’Irlandais, le traité pouvait être la cause de la mort de la poule aux œufs d’or, ou plutôt du tigre celtique.
Un malaise européen généralisé par rapport aux hommes politiques technocrates
Les peuples européens peuvent trouver de manière générale que les décisions de la Commission Européenne ou du Conseil des Chefs d’Etat/Gouvernement des pays membres décident pas mal de choses sans qu’il y ait réel débat et après si cela marche moins bien , ces mêmes responsables politiques en activité remettent la faute sur l’Union Européenne.
« C’est l’Union qui veut ça », oui mais ce sont l’addition des majorités politiques nationales qui l’ont voulu en réalité.
Les gens ne savent pas où l’Union va : quelle organisation ? quelles limites ? quels buts ? quelles décisions ?
De plus l’élargissement nécessaire pour la reconnaissance du passage à la démocratie des pays de l’est a compliqué la donne : les pays de l’est sont jaloux de leur souveraineté, les pays de l’ouest sont habitués à fonctionner ensemble. Certains pays ne voient encore l’Europe que comme union strictement économique : Royaume-Uni, République Tchèque, Danemark, Pologne, Suède tandis que d’autres voient comme moins problématiques certaines coopérations plus poussées. En tout cas ce qui sûr , l’Union apparaît comme technocratique, même si certaines choses sont souvent éclipsées : comme la puissance agricole ou la monnaie européenne stabilisatrice.
Bien-sûr chaque Etat, surtout les gros Etats veulent que leurs intérêts passent en premier tandis que les pays peu peuplés ont peur d’être mangés par les plus gros, cela n’aide pas à rassurer, c’est sûrement le cas en Irlande.
Nicolas Sarkozy a été la figure de proue d’attaque des partisans du non pendant la campagne en Irlande, car il est apparu comme celui qui se disait le « seul » réalisateur du traité de l’Europe, la fameuse arrogance française, en tout cas celle du chef de l’Etat de la République Française. Ses chantiers comme l’Union pour la Méditerranée risquent de prendre de l’eau car certains membres européens n’en voient pas l’utilité et les pays arabes ne souhaitent traiter qu’avec les pays européens méditerranéens qu’ils connaissent bien.
De toute façon le traité de Nice ne marche pas avec 27 pays (et la Croatie pourrait entrer dans l’Union d’ici 2010 ou 2011) mais est-ce que à ce chiffre là , seulement peu de choses sont réalisables ? Se pose la question du rôle de l’Union et à quelle échelle elle doit agir et sur quels domaines. Ainsi , une Europe des cercles concentriques telles que le souhaitait Jacques Delors serait certainement la seule voie de sortie : un noyau plus fédéraliste sur certains domaines notamment avec l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Certainement en avançant certains chantiers précis : le chantier avec certains pays pour ceux qui veulent de la défense européenne : France, Royaume-Uni, Belgique, de la fiscalité : France, Belgique, Luxembourg et l’éducation et la recherche à l’échelle européenne pour une université fait de valeurs, diversité, d’efficacité, de personnes polyglottes.
Ainsi les élargissements aux Balkans seront moins problématiques, la question de la Turquie (quand elle aura réglé la reconnaissance des minorités et le poids de l’armée) pourra se poser avec plus de sérénité.| Mai 2012 | ||||||||||
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