Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 16:06
Voici la nouvelle adresse de mon blog qui devient "Avec les lunettes du monde".
Il s'agit toujours d'un blog géopolitique mais élargi au monde entier.
C'est un blog bilingue français/anglais
Son adresse est la suivante: http://speculummundiqc.blogspot.com/

Merci et bonne lecture!
Par Pierre-Marie Chevreux
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 15:16
Mesdames, Messieurs les responsables algériens,

Je ne peux que constater l'ampleur des dégâts , 50% à 75% des Algériens seraient illétrés quand à l'usage de la fus-ha , c'est-à-dire de la langue littéraire qui est bien-sûr le patrimoine de l'Algérie en tant que pays arabe mais qui ne saurait se résumer comme la seule identité de l'Algérie.

En tant que pays sud-occidental de la Méditerranée, il convient de rajouter les caractères ancestraux amazighes et phéniciens qui font du Maghreb et de l'Algérie ce qu'ils sont. Bien-sûr la lutte pour l'indépendance et l'affirmation de l'identité qui a commencé dès Abd el Kader, qui a continué avec Ferhat Abbas et le FLN s'est beaucoup appuyé sur "Une religion: l'islam, une langue: l'arabe, un pays: l'Algérie".
Le fait qu'il n'y a pas que l'arabe mais des arabes et des tamazighs, de même que la modernité vient relativiser les religions et l'histoire montre que la religion érigée en pouvoir est néfaste puisqu'il y a concentration des mains du pouvoirs entre quelques-uns soit la création d'une noblesse, forcément aliénante.

La solution est simple:
-Reconnaître le berbère  avec l'arabe , langue officielle de l'Algérie sans référendum.

-Enseigner en arabe darija algérien  ou en tamazigh , les trois premières années de l'école comme ce qui se passe au Liban. L'arabe classique étant progressivement introduit jusqu'à se généraliser à partir du collège, celui-ci se couplant pour les régions berbérophones à un enseignement paritaire arabe classique/tamazigh.

-Enseigner une langue étrangère dès le début de l'école en donnant 6 à 7 heures de cours par semaine (par le biais du darija ou du tamazigh selon la langue maternelle).
L'introduction d'une seconde langue étrangère se fait prograssivement entre le collège et le lycée.

-Permettre des parcours universitaires unilingues ou bilingues avec pour choix de langues possibles: arabe classique, tamazigh, français, anglais.

Ce protocole vise au meilleur apprentissage de l'arabe classique, à ne pas en dégoûter les Algériens, à reconnaître la place de chaque langue de l'Algérie et à offrir aux Algériens la possibilité réelle d'une ouverture internationale.
Par Pierre-Marie Chevreux
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 19:30
La Méditerranée et les langues (comme tout territoire) sont inévitablement liées, sûrement encore plus de part sa situation et de contact et en même temps de zone unique et particulière en elle-même (elle est une partie du monde comme les autres: Asie,...)

Xavier Negre a conçu un site super depuis 2002, Lexilogos. Rendons hommage à ce travail de titan (certainement avec des aides, mais il fallait y penser) avec un catalogue thématique très complet: cartes, drapeaux, littérature,...

Ainsi sur 152 langues présentes(!) il y'a 48 langues d'essence méditerranéenne, de quoi peaufiner sa culture méditerranéenne, son ouverture aux autres et préparer ses voyages!

En voici la liste des 48:
Albanais, Arabe, Aragonais, Aranais, Arménien, Auvergnat, Azéri, Berbère, Bolonais, Bulgare, Catalan, Copte, Corse, Croate, Dauphinois, Ancien égyptien, Espagnol, Etrusque, Frioulan, Génois, Géorgien, Grec ancien, Grec moderne, Hébreu, Italien, Ladin, Latin, Lyonnais, Macédonien, Marocain, Milanais, Napolitain, Nissart, Occitan, Piémontais, Portugais, Provençal, Romanche, Roumain, Sarde, Savoyard, Serbe, Sicilien, Slovène, Syriaque, Turc, Ukrainien, Vénitien
Par Pierre-Marie Chevreux
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Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /Août /2008 17:17
Voici le poème d'une connaissance, poétesse iranienne d'expression française:

Je ne te verrai pas...

Je ne te verrai pas ce soir, demain ou dans deux mois.
Je ne te verrai pas comme il fut avant sous mes émois.
Je ne te verrai pas.

Je ne te verrai pas grandir sous notre soleil.
Je ne te verrai pas vieillir à l'éclat du vermeil.
Je ne te verrai pas, ensemble, le long d'un lac.
Oubliées les eaux, les roses et les barques.
Je ne te verrai pas.

Je ne te verrai pas devenir papa et grand-père.
Tu ne me verras ni mère, ni grand-mère.
Nous ne nous verrons pas dans ce pays de chaux, de craie bleue
Et de ciels.

Tu peux ne pas soupirer, avoir le coeur dur. O regrêts éternels.
Tu ne me verras plus.
Par Pierre-Marie Chevreux
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Dimanche 15 juin 2008 7 15 /06 /Juin /2008 20:18

Un contexte qui fait suite au non des Pays-Bas et de la France sur la « Constitution Européenne »

L’Irlande le vendredi 13 juin 2008, a clairement dit non à 53,4% au traité de Lisbonne, même si les raisons du refus sont mélangées comme pour le non français : entre un non social, un non conservateur. Les électeurs irlandais en majorité (ceux du non) ont brandi l’argument qu’ils étaient les seuls à pouvoir s’exprimer au non de toute la population des pays membres, il n’y a en effet pas de mode unifié des traités le même jour, notamment, il n’y a pas l’existence d’une ratification populaire (l’Allemagne interdit les référendums car cet outil a été dévoyé lors de l’époque nazie).

 

Raisons du non irlandais

La peur de toucher à la fiscalité a joué , les Irlandais sont fiers de leur développement basé sur des réductions fiscales, même si la croissance a trouvé un rythme plus lent puisque la phase de rattrapage avec l’Europe de l’ouest est désormais atteinte, après la forte croissance de 1994 à 2004, et le début du ralentissement du secteur du bâtiment.

L’Irlande ne faisant pas partie de l’OTAN, est donc neutre, pour certains Irlandais, le pays pouvait être inclus dans le processus de la construction européenne.

Ainsi pour un certain nombre d’Irlandais, le traité pouvait être la cause de la mort de la poule aux œufs d’or, ou plutôt du tigre celtique.

 

Un malaise européen généralisé par rapport aux hommes politiques technocrates

Les peuples européens peuvent trouver de manière générale que les décisions de la Commission Européenne ou du Conseil des Chefs d’Etat/Gouvernement des pays membres décident pas mal de choses sans qu’il y ait réel débat et après si cela marche moins bien , ces mêmes responsables politiques en activité remettent la faute sur l’Union Européenne.

« C’est l’Union qui veut ça », oui mais ce sont l’addition des majorités politiques nationales qui l’ont voulu en réalité.

Les gens ne savent pas où l’Union va : quelle organisation ? quelles limites ? quels buts ? quelles décisions ?

 

L’Union, un paquet de contradictions

De plus l’élargissement nécessaire pour la reconnaissance du passage à la démocratie des pays de l’est a compliqué la donne : les pays de l’est sont jaloux de leur souveraineté, les pays de l’ouest sont habitués à fonctionner ensemble. Certains pays ne voient encore l’Europe que comme union strictement économique : Royaume-Uni, République Tchèque, Danemark, Pologne, Suède tandis que d’autres voient comme moins problématiques certaines coopérations plus poussées. En tout cas ce qui sûr , l’Union apparaît comme technocratique, même si certaines choses sont souvent éclipsées : comme la puissance agricole ou la monnaie européenne stabilisatrice.

Bien-sûr chaque Etat, surtout les gros Etats veulent que leurs intérêts passent en premier tandis que les pays peu peuplés ont peur d’être mangés par les plus gros, cela n’aide pas à rassurer, c’est sûrement le cas en Irlande.

 

Une présidence française de l’Union qui s’annonce difficile

Nicolas Sarkozy a été la figure de proue d’attaque des partisans du non pendant la campagne en Irlande, car il est apparu comme celui qui se disait le « seul » réalisateur du traité de l’Europe, la fameuse arrogance française, en tout cas celle du chef de l’Etat de la République Française. Ses chantiers comme l’Union pour la Méditerranée risquent de prendre de l’eau car certains membres européens n’en voient pas l’utilité et les pays arabes ne souhaitent traiter qu’avec les pays européens méditerranéens qu’ils connaissent bien.

Quelles perspectives réalistes et réalisables pour l’Union, tout en gardant un peu d’utopie ?

De toute façon le traité de Nice ne marche pas avec 27 pays (et la Croatie pourrait entrer dans l’Union d’ici 2010 ou 2011) mais est-ce que à ce chiffre là , seulement peu de choses sont réalisables ? Se pose la question du rôle de l’Union et à quelle échelle elle doit agir et sur quels domaines. Ainsi , une Europe des cercles concentriques telles que le souhaitait Jacques Delors serait certainement la seule voie de sortie : un noyau plus fédéraliste sur certains domaines notamment avec l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Certainement en avançant certains chantiers précis : le chantier avec certains pays pour ceux qui veulent de la défense européenne : France, Royaume-Uni, Belgique, de la fiscalité : France, Belgique, Luxembourg et l’éducation et la recherche à l’échelle européenne pour une université fait de valeurs, diversité, d’efficacité, de personnes polyglottes.

Ainsi les élargissements aux Balkans seront moins problématiques, la question de la Turquie (quand elle aura réglé la reconnaissance des minorités et le poids de l’armée) pourra se poser avec plus de sérénité.
Par Pierre-Marie Chevreux
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